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Reportage sur un mariage sponsorisé, dans le Loiret. Durée: 2min08.
La pièce montée offerte par le pâtissier du coin en échange d'une pub dans le journal local : le mariage sponsorisé peut rapporter gros à condition que les jeunes mariés se transforment en attachés de presse très, très professionnels.

Prenez Jean-Pierre Champié, 27 ans, responsable d'une boulangerie, et Ophélie Champié-Pinault, 26 ans, femme au foyer. Ils se sont dits "oui" un samedi de juin à la Chapelle Saint-Mesmin dans le Loiret. Mais depuis septembre, ils ont passé tout leur temps libre à démarcher des entreprises. Douée en informatique, Ophélie s'est occupée de leur blog, Jean-Pierre a négocié avec les sponsors.

"Au début c'était très compliqué avant que l'on soit contacté par Direct 8 (chaîne de la TNT) pour participer à une émission", explique Jean-Pierre. Du jour au lendemain, le nombre de leurs sponsors est passé de 3 à 25.

Le mariage de Jean-Pierre et Ophélie a coûté 12.000 euros mais le couple n'en a déboursé que 4.800. La différence a été réglée par des entreprises locales en échange d'un peu de publicité.

Traiteurs, fleuriste, photographe ont déposé leurs cartes de visite sur une table à l?entrée de la salle polyvalente où s'est déroulé la fête et disposaient d'une page sur le site internet du couple. Jean-Pierre a prononcé un discours de remerciements lors du vin d'honneur.

Importé des Etats-Unis, le mariage sponsorisé a fait quelques émules en France dans cette période de crise économique mais pourrait bien disparaître avec le désintérêt des médias.

"On a vu que derrière c'était vraiment suivi, qu'il y avait quelque chose avec les journaux, avec la télé", raconte Michael Venant, charcutier "sponsor" du mariage.

"Je pense que beaucoup de gens vont vouloir le faire, moi j'ai accepté une fois, je ne vais pas le faire à chaque fois, c'est sûr", explique Alexandra Rouet, photographe, qui facture habituellement 700 euros la journée.

Emmanuelle Willemart, traiteur dans les Bouches-du-Rhône a refusé plusieurs fois de sponsoriser des mariages. Selon elle, "le sponsoring doit apporter quelque chose en terme d'image. Je ne vois pas l'intérêt de sponsoriser un événement privé entre deux illustres inconnus", explique-t-elle.

"Cela va s'essouffler. Les médias ne vont pas pouvoir faire des reportages sur les mariages sponsorisés toutes les cinq minutes", prédit-elle.

Jean-Pierre et Ophélie ont tellement pris goût à l'organisation de leur mariage qu'ils ont décidé de monter leur propre société de "wedding planning". Ils ont déjà des contrats pour organiser le sponsoring d'autres mariages.

Sylvia, une secrétaire de 30 ans habitant dans le Nord-Pas-de-Calais, ne partage pas l'enthousiasme du couple du Loiret. Elle et son compagnon doivent célébrer leur union en juin 2011 mais ils ont bien failli tout arrêter.

"Les personnes qui me contactent, je leur dis que c'est une superbe aventure humaine, mais c'est aussi énormément de travail, du stress, des inquiétudes. C'est une drogue, ça bouffe. Réfléchissez bien", explique Sylvia.

"Si c'était à refaire, je ne le referais pas", affirme-t-elle.

Elle déplore une certaine "professionnalisation" du concept, et la concurrence entre couples, certains n'hésitant pas à faire appel, pour boucler leur budget, à des agents.

"Où est passé l'esprit du mariage ?", s'interroge-t-elle.

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